Les espaces de faible densité : caractéristiques et atouts
- Stéphanie Mongenie
- 10 janv.
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 26 mars

📢 Quelles sont les principales caractéristiques des espaces de faible densité en France ?
Quels sont les défis et les atouts de ces territoires ?
En France, certains territoires sont caractérisés par une faible densité de population. Ces espaces se situent généralement loin des grandes villes, en zones rurales ou montagneuses et se caractérisent par une faible densité de population, généralement inférieure à 30 hab/km². Ces territoires, tels que le Massif Central, les Alpes, les Pyrénées et certaines parties de la Champagne et de la Bourgogne, sont marqués par des défis spécifiques et des opportunités uniques.
1. Localisation des espaces de faible densité
En France, la densité moyenne s'élève à 115 hab/km². La densité de population est une mesure qui indique combien de personnes vivent dans une zone donnée. Cette zone est généralement exprimée en nombre d'habitants par kilomètre carré.
Les espaces de faible densité sont donc caractérisés par un nombre d'habitants inférieur à 30 par km².
Selon l'Insee, ce sont 4 millions d'habitants qui vivent dans ces régions qui sont réparties sur toute la France.
Ces espaces se situent principalement :
- dans le centre du pays : le Massif Central, la Creuse, la Lozère.
- dans les montagnes : les Alpes, les Pyrénées, le Jura.
- dans certaines zones agricoles : la Champagne, certaines parties de la Normandie ou de la Bourgogne.
Lorsque l'on parle de ces espaces, on évoque souvent la diagonale du vide. C'est une expression utilisée pour décrire une bande de territoire en France qui va du nord-est au sud-ouest du pays (en passant par le Massif Central), où la densité de population est particulièrement faible. Dans cette zone, les villes sont moins nombreuses et plus petites, et il y a beaucoup plus d'espaces ruraux et naturels.
2. Caractéristiques et défis des espaces de faible dentisité
a) Les caractéristiques des espaces de faible densité
On retrouve souvent des caractéristiques communes à ces espaces, à savoir :
le vieillissement de la population notamment à cause du départ des jeunes vers les villes.
l'exode rural : au cours des XIXe et XXe siècles, une partie de la population quitte les zones rurales pour s'installer dans les zones urbaines, notamment pour y trouver de meilleures opportunités économiques, éducatives et sociales.
une agriculture dominante, souvent extensive comme l'élevage, les grandes cultures.
un manque de services et d’infrastructures : dans ces espaces on trouve moins d'hôpitaux, d'écoles, de commerces et les lieux sont moins bien desservis par les transports en commun.

B) Les défis des espaces de faible densité
Les espaces de faible densité font face à plusieurs difficultés et défis majeurs comme :
l'accès aux services de proximité : ce sont des services qui répondent aux besoins quotidiens des habitants comme les services de santé, l'éducation, la culture, les transports, les sports et loisirs. La baisse de population conduit à la disparition des petits commerces, des écoles, des bureaux de poste ou des services de santé, obligeant les habitants à parcourir de longues distances pour accéder à ces services essentiels.
les difficultés d'accès aux transports : les réseaux de transport en commun sont souvent insuffisants ou inexistants, rendant la mobilité compliquée pour les personnes sans voiture.
la déprise agricole s'accentue, entraînant une hausse des terres en friche, c'est-à-dire abandonnées et non cultivées, ainsi que l'extension des espaces boisés.
l'enclavement : certains territoires sont très isolés et souvent loin des centres urbains, ce qui n'attire pas de nouvelles populations.
Afin de redynamiser ces espaces et de prévenir leur désertification, l'État met en avant des projets de développement comme les parcs naturels régionaux et nationaux. Ces initiatives visent à structurer et dynamiser ces zones.
3. Des territoires valorisés
Malgré ces défis, ces territoires disposent d'atouts qui favorisent leur attractivité, attirant de nouveaux habitants et de nouvelles activités grâce à leur cadre de vie et aux initiatives de développement rural.
Les territoires se caractérisent par des dynamiques variées qui contribuent à leur renouveau et à leur développement. Parmi ces dynamiques, on retrouve :
le tourisme : il joue un rôle essentiel en soutenant l'économie locale, en maintenant la population et en améliorant les conditions de vie, tout en favorisant un développement durable. Des paysages naturels remarquables attirent chaque année de nombreux visiteurs en quête d'expériences de tourisme vert, comme la randonnée ou l'exploration de sites naturels. Ces espaces, souvent protégés sous forme de parcs nationaux (la Vanoise et les Cévènnes) et régionaux (l'Aubrac ou le Mont Ventoux), contribuent également à la préservation de l’environnement. Certaines régions sont particulièrement recherchées comme le sud de la France car le climat ensoleillé est attractif (héliotropisme).
les industries : certaines entreprises quittent les espaces urbains pour aller s'installer dans de vastes zones d'activité créant ainsi des emplois et de nouvelles activités et opportunités économiques comme l'entreprise Ardelaine. Cette coopérative située en Ardèche, est spécialisée dans la transformation de la laine locale en produits textiles. Elle a permis de redynamiser l'économie locale en créant des emplois et en valorisant les ressources du territoire. En plus de son activité artisanale, Ardelaine a développé un volet touristique avec des visites de son atelier et un écomusée, attirant ainsi des visiteurs et contribuant au développement du tourisme rural.

l'agriculture : la mécanisation permet de développer une agriculture performante et intensive notamment dans les grandes régions céréalières (la Beauce). D'autres se spécialisent dans l’élevage intensif (Bretagne). Les régions viticoles (Champagne, Bordelais) mettent en avant leur terroir et produisent des vins renommés à l'échelle nationale et internationale. À l’inverse, certaines zones privilégient un élevage extensif, adapté aux grands espaces (Massif Central) où les troupeaux paissent sur de vastes pâturages.
les néoruraux : de nombreux citadins choisissent de s’installer dans des villages ou de petites villes, attirés par un cadre de vie plus paisible et un environnement plus proche de la nature. Les néoruraux, recherchent une meilleure qualité de vie et sont attirés par les coûts plus faibles des logements et le développement du télétravail. Ce phénomène, connu sous le nom de rurbanisation, concerne particulièrement les espaces de faible densité situés à la périphérie des grandes agglomérations, mais touche aussi certaines régions rurales plus éloignées, où il contribue à dynamiser l’économie locale et à revitaliser des villages en perte de population.
Les espaces de faible densité, longtemps perçus comme en déclin, connaissent aujourd’hui des dynamiques variées : développement du tourisme, modernisation de l’agriculture, implantation d’entreprises et arrivée de néoruraux. Ces atouts leur permettent de se revitaliser, même si certains défis persistent, comme l’accessibilité aux services et l’emploi.
Focus sur : la déprise agricole

La déprise agricole correspond à l’abandon progressif de terres cultivées, souvent à cause du manque de repreneurs ou de la faible rentabilité.
Cela entraîne une augmentation des friches et des espaces boisés, transformant les paysages et réduisant les surfaces agricoles productives.
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